À cette occasion, la directrice du développement de l’entrepreneuriat pour la région de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) à la Fondation Mastercard, Fayelle Ouane, a insisté sur l’importance de rendre les informations accessibles aux différents acteurs de l’écosystème de l’emploi.

Elle a notamment rappelé les ambitions de la stratégie « Young Africa Works » de la Fondation Mastercard, qui vise à permettre à 30 millions de jeunes Africains d’accéder à un travail digne et épanouissant d’ici à 2030. En Côte d’Ivoire, cette initiative ambitionne d’accompagner 620 000 jeunes, dans le cadre d’un objectif régional de 1,7 million de bénéficiaires âgés de 18 à 35 ans, dont 70 % de femmes.

Pour sa part, la vice-présidente senior des engagements stratégiques de World Data Lab, Dr Reshma Sheoraj, a attiré l’attention sur les difficultés particulières auxquelles sont confrontées les jeunes femmes dans l’accès aux opportunités économiques.

Elle a estimé que les politiques d’emploi ne devraient pas se limiter à la création de postes, mais également prendre en compte les conditions d’accès aux opportunités, la qualité des emplois proposés et la capacité des jeunes femmes à y participer et à progresser sur un pied d’égalité avec les hommes.

Le directeur pays par intérim de la Fondation Mastercard pour l’UEMOA, Elisée Kamanzi, a, quant à lui, souligné l’utilité de cette plateforme pour les décideurs publics et les partenaires au développement.

« L’Horloge de l’emploi des jeunes en Afrique rend les données plus accessibles et permet aux décideurs et aux partenaires au développement de mieux orienter leurs investissements et leurs actions. À la Fondation Mastercard, nous sommes convaincus que les jeunes, en particulier les jeunes femmes, doivent être au cœur des efforts visant à leur garantir un travail digne et épanouissant », a-t-il déclaré.

Sur le plan opérationnel, la plateforme propose des estimations et des projections jusqu’en 2040. Les données sont ventilées selon plusieurs critères, notamment le sexe, l’âge, le lieu de résidence, le niveau d’instruction, le secteur d’activité et le type d’emploi.

L’outil fournit également des informations sur les revenus, la pauvreté au travail, le caractère formel ou informel des emplois ainsi que les différentes causes de l’inactivité. Il s’appuie sur des données issues des instituts nationaux de statistique, de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et de l’Institut international pour l’analyse des systèmes appliqués (IIASA).

Accessible gratuitement au public à l’adresse www.africayouthjobs.io, l’Horloge de l’emploi des jeunes en Afrique couvre les 54 pays du continent. La Côte d’Ivoire rejoint ainsi l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Rwanda, le Nigeria, l’Ouganda et le Sénégal, où la plateforme a déjà été déployée.

Conformément à la définition de l’Union africaine, l'outil considère comme jeunes les personnes âgées de 15 à 35 ans, tout en offrant aux utilisateurs la possibilité de sélectionner d’autres tranches d’âge en fonction de leurs besoins d’analyse.

La cérémonie de lancement a également été marquée par une table ronde autour du thème : « Le paradoxe de la croissance : l’économie de la Côte d’Ivoire est en croissance, mais les jeunes femmes partagent-elles équitablement les opportunités que cette croissance représente ? ».