Informer et protéger les adolescentes
La séance de sensibilisation a été animée par le directeur du centre social de Tengréla, N’Guessan, et la sage-femme Konan Romy. Les échanges ont porté sur les mécanismes de lutte contre les violences basées sur le genre, la santé menstruelle et la prévention du cancer du sein.
Représentante des centres SIRA et AHOU, Sekongo Jemima Coulibaly, enseignante de philosophie au lycée moderne de Tengréla, a insisté sur la nécessité d’offrir aux adolescentes un cadre d’écoute, d’information et d’accompagnement afin de préserver leur bien-être et leur parcours scolaire.
Elle a notamment évoqué les premières menstruations, les mariages précoces, le harcèlement, les violences, les grossesses non désirées et les difficultés économiques comme autant de facteurs susceptibles de fragiliser la scolarité des jeunes filles. Selon elle, la peur du jugement, la honte et le manque d’informations empêchent souvent certaines adolescentes de parler des difficultés qu’elles rencontrent.
Le centre SIRA, un espace d’écoute et d’accompagnement
Face à ces défis, Sekongo Jemima Coulibaly a présenté le centre SIRA, une initiative portée par le Centre AHOU et l’APFL. Cette structure de proximité vise à offrir aux jeunes filles un espace dédié à l’écoute, à l’information, à l’accompagnement et à l’orientation.
Le centre entend notamment lutter contre la précarité menstruelle, prévenir les abandons scolaires et contribuer à la prise en charge des situations de violences basées sur le genre. Ses services comprennent l’écoute confidentielle, l’information sur la santé menstruelle, l’accompagnement au maintien ou au retour à l’école, ainsi que l’orientation vers les structures sociales, sanitaires, psychologiques et judiciaires compétentes.
La représentante a précisé que ces services ont vocation à être gratuits et accessibles, dans le respect de la dignité, de l’intimité et de la confidentialité des bénéficiaires, sans se substituer aux institutions spécialisées.
« Aucune jeune fille ne devrait voir son avenir compromis simplement parce qu’elle n’a pas trouvé, au bon moment, une personne pour l’écouter, l’informer ou l’accompagner », a-t-elle déclaré, appelant à renforcer la solidarité autour des adolescentes.
À l’issue de cette activité, des serviettes hygiéniques ont été distribuées aux participantes afin de contribuer à une meilleure gestion de leurs menstruations et à la lutte contre la précarité menstruelle.