Grâce à cette victoire, Doumbia Adama représentera la Direction régionale de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation (DRENA) de Gagnoa à la finale nationale prévue à Abidjan.
Pour le lauréat, cette distinction récompense plusieurs années d’efforts et de persévérance. Ayant éprouvé des difficultés à lire et à écrire, il a décidé de reprendre le chemin de l’école en 2022, en commençant par le cours préparatoire première année (CP1).
« J’ai beaucoup étudié. Souvent, je ne dormais pas. Je ne savais pas bien lire ni bien écrire, donc je me suis donné les moyens d'apprendre. Je travaillais beaucoup », a-t-il confié, évoquant ses cours du soir, de 18 h à 21 h.
Il explique que les difficultés rencontrées dans son activité professionnelle ont également motivé sa démarche. « Quand je gagne, ce sont les autres qui font mes devis. Je n’en pouvais plus », a-t-il révélé.
Cinq candidats, dont un homme, ont pris part à cette compétition. Les épreuves portaient notamment sur la lecture d’un texte, la compréhension à travers deux questions, la rédaction d’un message sur WhatsApp et le calcul à l’aide de la calculatrice d’un téléphone portable.
Présente à Gagnoa, la chef de mission venue d’Abidjan, Kouamé Vaka Engéline, gestionnaire à la Direction de la coordination et du suivi des programmes d’alphabétisation, a expliqué que le projet a été initié en 2025. Il vise à consolider les acquis des apprenants après leur passage dans les centres d’alphabétisation.
Selon elle, le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Apprentissage a constaté que de nombreux apprenants perdent progressivement leurs acquis après leur formation, en l’absence d'un accompagnement et d'un suivi réguliers.
Face à cette situation et au taux d’analphabétisme estimé à 46,5 % en Côte d’Ivoire, l’État entend renforcer les mécanismes d’apprentissage continu. La lecture intergénérationnelle constitue ainsi l'une des approches privilégiées dans cette deuxième phase pilote, avec pour ambition de rendre les apprenants autonomes et capables de maintenir leurs compétences en lecture et en écriture.
Kouamé Vaka Engéline souhaite également faire des bénéficiaires des ambassadeurs de l’alphabétisation auprès de leurs communautés, afin d'encourager davantage de personnes à apprendre à lire et à écrire. À terme, l’objectif est de disposer d’un modèle susceptible d’être étendu à plus grande échelle.
Le projet couvre cinq communes, dont quatre villes apprenantes : Dimbokro, Boundiali, Bouaké et Gagnoa, ainsi que Korhogo, reconnue comme ville créative pour son patrimoine culturel.
Pour sa part, le superviseur de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle de la DRENA de Gagnoa, Kouassi Kouamé Nestor, a indiqué que la région compte 80 centres d’alphabétisation répartis dans différentes localités, accueillant 1 060 apprenants, dont 865 femmes.
Il a également souligné l’amélioration de l’organisation du concours en 2026. Après une première expérience en 2025, la compétition a été davantage structurée avec l’appui de la DRENA et de la direction chargée du suivi des programmes. Sur 35 candidats initialement inscrits dans les centres, 20 ont été retenus après une première sélection, puis huit pour la deuxième phase éliminatoire, avant la qualification des cinq finalistes.
La directrice régionale de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation de Gagnoa, Yamba Salmata, s’est réjouie des progrès réalisés par les apprenants. Elle a salué leur capacité à acquérir, malgré leur âge, des compétences fondamentales en lecture, en écriture et en calcul.
« On constate que des personnes d’un certain âge arrivent à lire, à écrire et à calculer. Je suis émue et fière de voir des personnes qui n’ont jamais mis les pieds à l’école parvenir à maîtriser ces compétences », a-t-elle déclaré, appelant à accorder une attention particulière à l’alphabétisation.