Présentant les résultats du projet, la directrice régionale de la santé maternelle, Dr Doumbia Mariam, a indiqué que 297 sites de santé ont bénéficié d’un accompagnement à travers le mentorat, au profit de 907 prestataires de santé dans les deux régions pilotes.

Dans le détail, le Gbêkê compte 137 sites visités et 615 prestataires mentorés, tandis que le Gontougo totalise 160 sites accompagnés et 292 prestataires mentorés. Ces actions ont été soutenues par des formations continues, des revues de données et des réunions de suivi, destinées à renforcer les capacités des équipes sanitaires dans la prévention et la prise en charge des hémorragies du post-partum.

Au nombre des résultats spécifiques, le bilan fait état d’une réduction des évacuations de 191 à 148 à Kouto, soit une baisse de 22 %. À Sandégué, dans la région du Gontougo, le taux d’hémorragie du post-partum immédiat est passé de 9 % à 1,43 %. À Bondoukou, la proportion des décès maternels attribués à cette complication a diminué, passant de 63,6 % à 12,5 %.

Dans le Gbêkê, l’utilisation de la carbétocine thermostable et de l’acide tranexamique contribue également à améliorer la prise en charge des parturientes. La carbétocine est utilisée en prévention des hémorragies, tandis que l’acide tranexamique intervient dans leur traitement, conformément aux protocoles de soins.

La coordinatrice du Centre de santé mère-enfant du Gbêkê, Tuo Tiewa Chantal épouse Yéo, a fait état d’une baisse estimée à 90 % des cas d’hémorragie dans sa région, à la suite de l’introduction de ces produits. Elle a également indiqué que, d’octobre 2025 à septembre 2026, seuls trois cas traités à l’acide tranexamique n’avaient pas évolué favorablement et avaient nécessité une évacuation.

Elle a souligné que la stabilité thermique de la carbétocine constitue un avantage important par rapport à l’ocytocine classique, dont la conservation nécessite une température comprise entre 2 et 8 °C. La possibilité de conserver la carbétocine à température ambiante, jusqu’à 30 °C selon les indications présentées, facilite son utilisation dans les structures sanitaires confrontées à des difficultés de conservation et de transport.

Malgré ces acquis, les acteurs ont relevé plusieurs contraintes susceptibles de compromettre la pérennisation des résultats. Il s’agit notamment des ruptures de stocks de médicaments, de la péremption de certains produits, de l’insuffisance des moyens de déplacement pour les missions de mentorat, de l’impraticabilité des routes en saison des pluies et de la mobilité du personnel de santé.

La coordinatrice de la santé mère-enfant du Gontougo, Amani Marie Laure, a plaidé pour la poursuite du projet au-delà de sa période de financement, estimant que son arrêt constituerait une perte pour les femmes enceintes et les nouveau-nés.

Les participants ont ainsi insisté sur la nécessité de renforcer l’approvisionnement en produits, le suivi des structures sanitaires, la qualité des données et l’engagement des acteurs, afin de consolider les acquis et de contribuer durablement à la réduction des décès maternels liés aux hémorragies du post-partum.

Financé par l’Union européenne à hauteur de 17 millions d’euros, le projet Safe Birth Africa est mis en œuvre sur la période 2024-2026 par le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle (MSHP-CMU), en collaboration avec le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et Unitaid.

Il vise à améliorer la prévention et la prise en charge d’une complication majeure de l’accouchement, considérée par les intervenants comme l’une des principales causes de mortalité maternelle en Côte d’Ivoire.