Ces recommandations ont été formulées mercredi 14 octobre 2026 au Centre suisse de recherches scientifiques en Côte d’Ivoire (CSRS), à Abidjan, lors d’échanges avec des journalistes organisés dans le cadre du projet Afri’Kibaaru 2, porté par CFI Développement Médias en partenariat avec l’ONG Initiatives pour le développement communautaire et la conservation de la forêt (IDEF). Les discussions ont porté sur les liens entre le changement climatique et la santé, selon l’approche « Une seule santé ».
Chercheur à l’Université Nangui Abrogoua et associé au CSRS, le Dr Kouakou Etienne a alerté sur l’augmentation de la fréquence, de l’intensité et de la durée des vagues de chaleur, susceptibles de provoquer des coups de chaleur et des déshydratations, mais aussi d’aggraver des maladies chroniques, notamment les maladies cardiovasculaires et le diabète.
Les personnes âgées, les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et les travailleurs exposés au soleil, notamment les agriculteurs, les commerçants et les pêcheurs, figurent parmi les groupes les plus vulnérables.
Le chercheur a toutefois relevé que l’insuffisance des données sur les maladies et les décès liés à la chaleur limite l’évaluation des risques et l’élaboration de réponses adaptées.
À Abidjan, des études ont notamment permis de cartographier les zones à risque et de relever des températures élevées dans les habitations, ainsi que des niveaux préoccupants de pollution atmosphérique. Il a plaidé pour un financement accru de la recherche et un meilleur accès aux données.
Le Dr Dely Iba Dieudonné, chercheur au CSRS et à l’Université Peleforo Gon Coulibaly, a présenté des travaux ayant permis d’établir des seuils de chaleur adaptés aux conditions locales, au-delà desquels la santé des populations peut être affectée.
Un système d’alerte précoce « chaleur-santé » a également été expérimenté à Williamsville, en collaboration avec le ministère de la Santé, la Société d’exploitation et de développement aéroportuaire, aéronautique et météorologique (SODEXAM) et des relais communautaires. Son fonctionnement reste cependant limité par les difficultés d’accès aux données météorologiques et sanitaires en temps réel.
Les chercheurs ont enfin souligné l’importance de l’approche « Une seule santé », qui articule la santé humaine, la santé animale et l’environnement, et nécessite une coordination renforcée entre les services publics, les collectivités et les communautés.
Le directeur général du CSRS, le professeur Jérémie Zoueu, a rappelé que cette institution, créée en 1951 dans le cadre de la coopération ivoiro-suisse, mène des recherches dans les domaines de la santé, de l’agriculture et de la conservation de la biodiversité. Il a également souligné l’importance de vulgariser les résultats scientifiques, notamment par l’intermédiaire des médias, afin de mieux informer les populations.