Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan stratégique multisectoriel de santé mentale 2026-2030. Elle constitue également une étape importante dans les préparatifs de la Côte d’Ivoire en vue du 7ᵉ Sommet ministériel mondial sur la santé mentale, prévu en mars 2027 à Kigali, au Rwanda.

À l’ouverture des travaux, le directeur coordonnateur du Programme national de santé mentale (PNSM), le professeur Koua Médard, a dressé un état des lieux de la situation nationale. Il a souligné que la santé mentale ne saurait désormais être considérée comme une question marginale, mais qu’elle constitue une priorité majeure de santé publique, nécessitant une mobilisation collective et durable.

Prenant la parole, le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba, a réaffirmé la volonté du gouvernement de renforcer l’accès aux soins de santé mentale. À cet effet, il a annoncé l’ambition de rendre effectives, dès 2027, les prestations de santé mentale dans le panier de soins de la Couverture maladie universelle (CMU), un instrument essentiel de solidarité nationale et d’équité en matière de santé.

Une attention particulière sera accordée aux enfants, aux adolescents, aux jeunes, aux femmes et aux populations les plus vulnérables, notamment à travers le Régime d’assistance médicale (RAM).

Pour soutenir cette ambition, le ministre a lancé un appel au secteur privé afin de renforcer les investissements nationaux dans le domaine de la santé mentale, notamment à travers des partenariats public-privé. Il a également invité l’ensemble des partenaires à accompagner les projets structurants, afin de garantir la continuité, la qualité et l’accessibilité des services.

Au-delà de l’accès financier aux soins, Pierre Dimba a insisté sur la nécessité de développer les compétences nationales et de rapprocher les services de santé mentale des populations. Il a notamment évoqué la formation universitaire d’experts en psychotraumatologie et en psychovictimologie, ainsi que le passage à l’échelle du programme mhGAP, destiné à faciliter l’intégration de la santé mentale dans les soins de santé primaires et les dispositifs communautaires.

Le ministre a également rappelé l’importance de protéger la santé mentale des jeunes. Selon lui, cet engagement revient à préserver leur potentiel, à favoriser leur épanouissement et à renforcer leur capacité à contribuer pleinement au développement de la nation.

« La santé mentale est une responsabilité multisectorielle qui dépasse largement le seul secteur de la santé », a-t-il rappelé, appelant ainsi à une implication accrue de tous les secteurs concernés.

Dans cette dynamique, Pierre Dimba a exhorté l’ensemble des parties prenantes à renforcer l’action collective contre la stigmatisation et les discriminations liées aux troubles mentaux. L’objectif est de garantir à chaque personne qui en a besoin un accès digne, équitable et adapté aux services de santé mentale.

« Ensemble, faisons de la santé mentale un levier essentiel de notre développement humain et social », a-t-il lancé.

C’est sur cet appel à la mobilisation collective que le ministre a déclaré ouverts les travaux du Dialogue pays multisectoriel sur la santé mentale, invitant les partenaires, les experts et les différents acteurs à devenir de véritables ambassadeurs de cette cause nationale.