Au 31 décembre 2025, ce sont 15 936 patients qui ont été accueillis depuis l’ouverture du Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO), structure de référence dans la prise en charge du cancer. À ces patients s’ajoutent bien d’autres…
Derrière les chiffres, il y a des individus et des familles pour qui le quotidien ne sera plus jamais le même jusqu’à la rémission, voire la guérison. Au-delà des défis thérapeutiques, l’humanisation des soins occupe donc une place de plus en plus importante, afin de réduire le fardeau de la maladie et de redonner de l’espoir.
La politique sociale, la gratuité de certains médicaments anticancéreux et les soins de support constituent les piliers de cette démarche. Ils font du CNRAO un modèle qui inspire.
Une délégation ivoirienne a participé à la 70ᵉ Conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), tenue à Vienne, en Autriche, pour partager ce modèle qui place la dignité du patient au cœur de la prise en charge et contribue à lever les obstacles financiers à l’accès aux soins.
La prise en charge repose sur cinq piliers : la prévention et le dépistage, un plateau technique avancé, la concertation pluridisciplinaire pour sécuriser les décisions thérapeutiques, les soins d’accompagnement et l’accessibilité financière.
Des traitements innovants rendus accessibles
Aujourd’hui, les patients pris en charge dans les structures publiques ont accès à des traitements innovants grâce à des partenariats.
En effet, en 2014, le gouvernement a signé un partenariat avec le laboratoire Roche. Initialement centré sur un seul médicament anticancéreux, ce partenariat s’est progressivement élargi. Depuis 2019, il couvre l’ensemble des médicaments anticancéreux de ce laboratoire, y compris les nouvelles thérapies ciblées et l’immunothérapie.
Ainsi, des médicaments dont le coût oscille entre 1 500 000 et 4 200 000 francs CFA, et qui doivent être administrés par perfusion tous les quatorze ou vingt et un jours pendant au moins un an, sont entièrement gratuits pour tout patient ivoirien traité dans le secteur public et pour lequel leur utilisation est scientifiquement justifiée.
Le laboratoire consent une réduction moyenne de 55 % sur ses prix, tandis que l’État prend en charge le reste.
En plus de la gratuité de certains médicaments anticancéreux, la politique sociale permet à tous les patients de se soigner d’abord et de payer ensuite, levant ainsi les barrières financières à l’accès aux soins.
À travers cette politique, le gouvernement confirme son engagement à donner à tous les malades, quelle que soit leur condition sociale, les mêmes chances de survie face à une maladie dont la prise en charge peut représenter un lourd fardeau financier.
Des soins de support pour une prise en charge globale
Dans le parcours du patient, le CNRAO a mis en place des soins de support. L’unité des soins d’accompagnement comprend plusieurs volets :
- la psychologie ;
- l’assistance sociale ;
- le sport ;
- la kinésithérapie ;
- la socio-esthétique ;
- la trichologie, pour accompagner la reconstitution du cuir chevelu et de la chevelure des patients atteints de cancer ;
- la nutrition ;
- le soutien spirituel.
En 2019, la Fondation L’Oréal, en France, a permis d’équiper la cabine de socio-esthétique et de former les onze premières socio-esthéticiennes spécialisées en cancérologie d’Afrique subsaharienne.
« La personne est traitée de façon holistique, aussi bien pour les soins médicaux que dans les autres soutiens non médicamenteux. C’est notre façon de lui dire qu’elle peut s’en sortir et qu’il y a des possibilités de guérison au bout de tous ces traitements », explique la directrice du CNRAO, la professeure Judith Didi-Kouko Coulibaly.
La structure dispose également d’un centre de nutrition baptisé Dominique Ouattara. Ce don de la Fondation SIFCA constitue une première dans le domaine de la cancérologie au sein d’un hôpital public de la sous-région.
Le dépistage, un levier essentiel pour la survie
Cette prise en charge globale contribue au mieux-être des patients et peut également améliorer leur pronostic.
Pour un cancer du sein détecté à un stade précoce grâce au dépistage, le taux de survie à cinq ans est de 85 %. Il atteint 93 % pour un cancer de la prostate détecté précocement. En revanche, pour un cancer du col de l’utérus, le taux de survie à cinq ans est estimé à environ 8 %, selon les chiffres rapportés dans le texte.