Ce panel s’est tenu en présence des autorités sanitaires et éducatives, des travailleurs sociaux, des ONG, ainsi que des groupements et associations de jeunes et de femmes.
Le coordonnateur terrain de l’ONG ACF dans le Tchologo, Hubert Dongo, a expliqué que l’objectif de ce panel était de placer les savoirs et le vécu des personnes concernées au centre des politiques, des services et des décisions en matière de santé mentale.
Il a indiqué que cette initiative s’inscrit dans la stratégie d’ACF visant à promouvoir le bien-être psychosocial et à renforcer la résilience des communautés, en cohérence avec les priorités nationales de santé publique et les engagements internationaux en faveur de la santé mentale pour tous.
Selon lui, la santé mentale constitue un enjeu majeur de santé publique et de bien-être collectif. Il a souligné que, dans la région du Tchologo, de nombreuses personnes continuent de faire face à des difficultés psychosociales liées aux contraintes économiques, aux situations de vulnérabilité, aux violences et aux crises récurrentes.
« À travers cette journée, nous souhaitons mettre en lumière les expériences et les témoignages des personnes concernées, promouvoir une réelle compréhension des enjeux de santé mentale et encourager une participation active de tous les acteurs impliqués dans la prise de décision et l’amélioration des services de santé psychosociale », a affirmé M. Dongo.
Trois panélistes mobilisés pour une meilleure prise en charge
Trois intervenants ont animé les échanges : Kouakou Viviane, psychologue à ACF ; Touré Ismaël, travailleur social et point focal chargé des violences basées sur le genre (VBG) au centre social de Ferkessédougou ; et Dr Sekongo Dossonguimon, médecin généraliste et médecin-chef du service de santé scolaire et universitaire des adolescents et des jeunes (SSSUAJ) de Kong.
Les panélistes ont échangé sur les principales causes des troubles de la santé mentale, notamment celles liées à l’environnement socioéconomique, familial et professionnel des personnes concernées. Ils ont exhorté les populations à privilégier l’observation, l’écoute, le dialogue et l’accompagnement des personnes en difficulté.
Ils ont également plaidé pour le renforcement des capacités des personnels des centres de santé en matière de psychologie, afin de favoriser une prise en charge globale et un meilleur suivi des patients.
Les autorités sanitaires appellent à briser le silence
Le représentant du directeur régional de la santé du Tchologo, Dr Brou Assielou Saint-Stéphane, a salué la tenue de ce panel par l’ONG ACF. Il a encouragé les participants à briser le silence autour de la santé mentale et à accompagner avec bienveillance les patients et les personnes concernées.
Il a également insisté sur la nécessité d’impliquer les agents de santé, les décideurs et les partenaires au développement dans la gestion des questions de santé mentale en Côte d’Ivoire.
« La santé mentale ne doit pas être considérée comme une préoccupation secondaire. Elle constitue une composante du bien-être individuel, familial et communautaire », a souligné Dr Brou.
Vingt salles d’écoute mises en place dans la région
Dans la région du Tchologo, l’ONG ACF a mis en place, à ce jour, 20 salles d’écoute et formé 52 agents de santé ainsi que 46 travailleurs sociaux.
Au total, 5 246 personnes présentant des signes de détresse, dont 4 241 femmes, ont été prises en charge dans le cadre des activités de soutien psychosocial menées au sein des points d’écoute.
Célébrée chaque année le 10 octobre, la Journée mondiale de la santé mentale a pour thème, en 2026 : « Des expériences vécues, entendues : des voies réelles, un changement réel ».