Faire de l’école un espace d’apprentissage, mais également un lieu d’expression des talents, de construction de la personnalité et de formation citoyenne : telle est toute la portée de la pièce théâtrale « La Côte d’Ivoire à l’école ». À travers cette représentation, le monde éducatif a été invité à découvrir, sous un angle artistique et pédagogique, les ambitions d’une école inclusive.

Devant un public composé d’élèves, de parents d’élèves, d’encadreurs et de responsables du système éducatif, cette œuvre a permis de mettre en lumière les grandes orientations d’une politique qui ambitionne de construire une école performante, ouverte à tous les talents et offrant des perspectives à chaque enfant, quel que soit son parcours.

Le théâtre, un outil de transmission des valeurs

Gboko Kouakou Adjoumani, Directeur de la Vie scolaire, s’est félicité de cette initiative artistique qui traduit, selon lui, la volonté ministérielle de faire vivre le théâtre et les autres expressions culturelles en milieu scolaire.

Pour lui, le théâtre représente un canal privilégié de transmission des valeurs et un levier de formation complémentaire aux enseignements académiques. Il a souligné que les activités de la vie scolaire constituent une dimension fondamentale de l’éducation des enfants.

« Faire le théâtre pour rire, oui, mais au-delà du rire, c’est une formation », a-t-il relevé, mettant ainsi en évidence la portée pédagogique de cette discipline artistique.

Il a notamment rappelé que la vision ministérielle repose sur quatre grandes orientations : une école inclusive, une école des talents, une école de la confiance et une école des nouvelles opportunités. Cette dernière vise particulièrement à offrir de nouvelles perspectives aux jeunes sortis du système éducatif, à travers le dispositif de l’École de la deuxième chance et des formations adaptées à leurs compétences.

Il a par ailleurs lancé un appel à l’ensemble des acteurs du système éducatif, notamment aux parents d’élèves, afin qu’ils accompagnent les enfants dans leurs aspirations. Il a insisté sur l’importance de leur inculquer des valeurs de responsabilité, de discipline, de confiance et de citoyenneté.

Selon lui, une meilleure implication des apprenants dans les activités extrascolaires peut également contribuer à lutter contre certains comportements tels que la tricherie, la fraude et les conduites à risque.

Une école qui valorise tous les talents

Au nom du ministre, Bimba Traoré a salué la qualité de la représentation et le travail accompli par Fargass Assandé et sa troupe. Il a rappelé que le théâtre est une véritable école de vie, capable de contribuer au développement intellectuel, émotionnel et social des élèves.


Pour lui, la pratique théâtrale favorise notamment le développement des compétences linguistiques, améliore la diction, l’articulation et la prise de parole en public. Elle contribue également à combattre le stress, à renforcer la confiance en soi et à développer l’esprit de groupe.

Abordant les orientations de la politique éducative nationale, il a rappelé que la scolarisation obligatoire, instituée par la loi de septembre 2015 pour les enfants de 6 à 16 ans, traduit la volonté de l’État de garantir l’accès de tous à l’éducation.

Dans cette perspective, les quatre programmes développés par le ministre visent à répondre aux différents besoins des apprenants, notamment à travers la reconnaissance des talents, l’inclusion et l’ouverture de nouvelles perspectives professionnelles.

Bimba Traoré a particulièrement insisté sur la nécessité de valoriser tous les secteurs d’activité. Théâtre, cinéma, sport, culture ou enseignement technique : aucun domaine ne doit être considéré comme secondaire dans le développement du pays.

Il a ainsi encouragé les élèves à assumer leurs ambitions professionnelles sans complexe et invité les parents à accompagner les vocations de leurs enfants.

Il a également souligné l’importance de l’alphabétisation, rappelant qu’aucune nation ne peut véritablement prétendre au développement si une partie de sa population demeure privée des compétences fondamentales en lecture et en écriture.

Fargass Assandé, pour un théâtre qui fait réfléchir

À l’origine de cette création, Fargass Assandé a expliqué que la pièce est née de son adhésion aux nouvelles orientations éducatives portées par le ministère. Avec ses collaborateurs, il a entrepris de construire une œuvre théâtrale d’environ une heure autour des quatre piliers de cette vision.

Pour le dramaturge, il s’agit notamment de rompre avec un modèle éducatif qui valorise essentiellement la mémorisation et la restitution mécanique des connaissances, au détriment des aptitudes et des capacités individuelles.


Il estime que chaque enfant possède des talents qui méritent d’être identifiés et accompagnés. La réussite ne doit donc pas être uniquement mesurée à l’aune des diplômes ou des performances académiques, mais également à travers la capacité de chacun à apporter sa contribution au développement de la société.

Sur la fonction du théâtre, Fargass Assandé défend une approche qui dépasse le simple divertissement. S’il reconnaît sa dimension ludique, il considère que cet art doit également permettre au public de réfléchir, de se corriger et de grandir.

Élargissant son propos à l’ensemble de la société, l’artiste a estimé que la démarche « La Côte d’Ivoire à l’école » ne concerne pas uniquement les élèves. Elle interpelle tous les citoyens sur la nécessité de renouer avec la lecture, la culture, le civisme et les valeurs positives.

Les élèves au cœur de cette expérience éducative

L’intérêt de cette représentation s’est également traduit dans les réactions des élèves. Kellet Gauze Sara, élève en classe de seconde A au lycée Sainte-Marie d’Abidjan, a partagé les enseignements qu’elle a tirés de cette expérience.

Elle a notamment indiqué que la pièce lui a permis de mieux comprendre l’importance de l’école, ses exigences et les perspectives qu’elle ouvre pour l’avenir.

Pour la jeune apprenante, cette représentation lui a surtout permis de comprendre que l’école ne doit pas être considérée comme un simple espace d’accumulation de définitions et de formules. Elle constitue plutôt un cadre d’acquisition des connaissances, de découverte de soi et de préparation à la construction de son avenir.

Une responsabilité collective

La pièce théâtrale « La Côte d’Ivoire à l’école » aura surtout permis de rappeler que la transformation du système éducatif est une responsabilité collective. Responsables institutionnels, enseignants, encadreurs, parents d’élèves, acteurs culturels et apprenants sont tous appelés à contribuer à cette ambition.