Durant cinq jours, les acteurs du secteur de la santé et de la formation se réunissent autour d’un objectif commun : adapter la formation des futurs professionnels aux réalités du terrain et aux exigences croissantes de la prise en charge de la mère et du nouveau-né.

Un atelier pour adapter la formation aux besoins du terrain

La cérémonie d’ouverture de cet atelier s’est tenue, lundi 28 septembre 2026, à la Riviera Golf, dans la commune de Cocody. Elle marque le lancement d’une démarche visant à renforcer les compétences des professionnels de santé et, à terme, à améliorer la qualité des soins maternels et néonatals.

Pour Dr Coulibaly Norbert, directeur de la Santé de la reproduction à l’UNFPA Côte d’Ivoire, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de renforcement des ressources humaines en santé.

L’accompagnement de l’UNFPA vise notamment à contribuer à l’accélération de la réduction de la mortalité maternelle et néonatale.

De nouvelles filières pour renforcer les compétences

La démarche intervient également dans un contexte marqué par la création de nouvelles filières de spécialisation propres à la profession de sage-femme.

Selon Maïmouna Kangouté, référente de la filière pédopsychiatrie à l’INFAS, les filières SONUP, SRPF et pédopsychiatrie répondent à un besoin de renforcement des compétences dans des domaines directement liés à la santé de la reproduction et à la prise en charge de la mère et de l’enfant.

L’enjeu est notamment d’éviter que des sages-femmes, après leur spécialisation, soient orientées vers des domaines éloignés de leur cœur de métier. La révision des curricula doit ainsi permettre de proposer des formations plus approfondies et davantage adaptées aux besoins du système de santé ivoirien.

Maintenir les compétences au cœur de la santé maternelle

Pour l’Association des Sages-Femmes et Maïeuticiens de Côte d’Ivoire, cette évolution répond également à une problématique de carrière professionnelle.

Sa présidente nationale, Diallo Awa épouse Yao, rappelle que les sages-femmes avaient jusqu’ici accès à plusieurs spécialités susceptibles de les éloigner des services de santé maternelle, une situation pouvant entraîner une perte de compétences dans les maternités.

Un plaidoyer mené auprès des autorités a permis l’introduction de nouvelles filières davantage orientées vers les besoins spécifiques de la profession. Depuis 2023, des travaux sont engagés afin d’intégrer ces filières et d’adapter les programmes aux réalités du contexte ivoirien.

Davantage de pratique et de simulation dans la formation

Au-delà des enseignements théoriques, la révision des curricula entend renforcer la pratique professionnelle.

Pour Pr Méliane N'Dhatz-Ebagnitchié épouse Sanogo, directrice générale de l’Institut National de Formation des Agents de Santé (INFAS), cette évolution doit permettre de corriger les insuffisances identifiées dans la formation et de mieux préparer les étudiantes aux réalités du terrain.

Une attention particulière doit notamment être accordée aux travaux pratiques, à la prise en charge des urgences obstétricales et à la pratique de l’accouchement. L’objectif est de permettre aux étudiantes d’acquérir les compétences nécessaires avant leur arrivée en stage.

L’INFAS entend également s’appuyer sur de nouveaux modèles pédagogiques et des outils de simulation afin de rapprocher davantage la formation des situations professionnelles réelles.

Les formateurs appelés à actualiser leurs compétences

Cette exigence concerne également les formateurs et les encadreurs. Selon la directrice générale de l’INFAS, les professionnels chargés de transmettre les connaissances doivent eux-mêmes actualiser leurs savoir-faire et leurs pratiques, dans un domaine où les connaissances évoluent constamment.

La formation doit également intégrer une dimension essentielle : l’humanisme dans la pratique professionnelle, indispensable à une prise en charge respectueuse des patientes et des nouveau-nés.

148 sages-femmes attendues dans les maternités

La révision des curricula devrait aussi avoir des répercussions sur l’organisation des ressources humaines.

Selon Diallo Awa épouse Yao, 148 sages-femmes doivent sortir de formation cette année et être réaffectées dans les services de maternité.

Ces professionnelles, mieux spécialisées, pourront ainsi rester au contact des activités de santé maternelle et contribuer à l’encadrement et au renforcement des équipes dans les maternités.

Un levier pour améliorer la qualité des soins

La révision des curricula apparaît ainsi comme un levier à la fois pédagogique et sanitaire. Elle vise à rapprocher la formation des besoins réels du pays, à renforcer les compétences des sages-femmes et maïeuticiens et à favoriser une meilleure qualité des soins maternels et néonatals.