Représentant le ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique, la conseillère technique Marie Christ Allou Koné a souligné l’importance de cette étude, qui vise à porter un regard global sur le parcours des apprenants en situation de handicap, de leur accueil à l’école jusqu’à leur insertion dans la vie active.
Selon elle, l’accès à l’école ne saurait constituer l’unique objectif de la politique d’éducation inclusive. Il importe également de garantir aux apprenants concernés des conditions d’apprentissage adaptées, un accompagnement pédagogique, une continuité entre les différents cycles, ainsi qu’un accès aux examens, à la formation professionnelle et à l’emploi.

« Notre ambition doit être plus grande. Il s’agit de construire des parcours éducatifs continus, cohérents et accompagnés qui permettent à chaque apprenant de développer ses potentialités et de préparer son avenir », a-t-elle déclaré.
Renforcer les dispositifs d’accompagnement
Marie Christ Allou Koné a notamment évoqué la nécessité de renforcer la flexibilité des établissements et des supports pédagogiques, la disponibilité des ressources adaptées, la formation des enseignants et des personnels d’encadrement, ainsi que l’accompagnement individualisé des apprenants.
Elle a également insisté sur l’utilisation d’outils et de méthodes adaptés, notamment le braille, la langue des signes et la pédagogie différenciée, ainsi que sur le renforcement des passerelles entre l’école, la formation professionnelle et le monde de l’emploi.
La représentante du ministre a par ailleurs indiqué que la validation technique de l’étude ne constitue pas une simple formalité administrative. Le document doit servir d’outil d’aide à la décision, permettant d’identifier les obstacles rencontrés par les apprenants en situation de handicap et de dégager des pistes d’action « réalistes, cohérentes et opérationnelles ».
L’UNESCO relève plusieurs obstacles
Pour le représentant résident de l’UNESCO en Côte d’Ivoire, Omar Diop, plusieurs obstacles continuent de limiter l’accès des personnes en situation de handicap à une éducation de qualité et à une insertion professionnelle durable.
Il a notamment cité le manque d’infrastructures adaptées, l’insuffisance de matériels pédagogiques inclusifs, la formation encore limitée des enseignants, les préjugés persistants, la faible accessibilité des lieux de travail et l’insuffisance de politiques incitatives fortes.

Omar Diop a rappelé que la Côte d’Ivoire met en œuvre, depuis janvier 2023, une Stratégie nationale de l’éducation inclusive (SNEI), avec l’appui de partenaires tels que l’UNESCO, la fondation AVSI et Société sans barrières Côte d’Ivoire.
Il a toutefois relevé que, malgré les engagements pris en faveur de l’éducation inclusive, plusieurs défis demeurent, notamment le faible nombre d’écoles inclusives, la formation progressive des enseignants à la pédagogie inclusive et la rareté des supports didactiques adaptés.
Pour l’UNESCO, ces difficultés constituent des appels à l’action. L’organisation entend poursuivre son accompagnement du gouvernement ivoirien à travers la formation des enseignants, la mise à disposition de ressources pédagogiques accessibles, le renforcement des politiques publiques et l’appui aux organisations de personnes vivant avec un handicap.
Passer de l’accès à l’école à l’insertion professionnelle
Le directeur des Lycées et Collèges, Zamblé Bi Zamblé, a, pour sa part, rappelé que les efforts en faveur de l’éducation inclusive sont engagés depuis plusieurs années. Il a notamment cité l’expérience conduite depuis 2013 avec l’appui de Société sans barrières Côte d’Ivoire, ainsi que l’évaluation réalisée par l’UNESCO en 2016.

Il a estimé que l’enjeu consiste désormais à passer d’une logique centrée sur le seul accès à l’école à une approche intégrant le maintien, la réussite scolaire, la continuité du parcours et l’insertion professionnelle.
Parmi les principaux défis identifiés figurent l’accessibilité des infrastructures, la disponibilité des matériels pédagogiques adaptés, la formation des personnels, l’accompagnement des familles, la prise en compte des différents types de handicap et la continuité des parcours entre les niveaux d’enseignement.
Pour un parcours éducatif complet
Représentant AVSI Côte d’Ivoire, Dr Bamba Lassiné a également insisté sur la nécessité de garantir à chaque enfant, quelles que soient ses capacités, un parcours éducatif complet et de qualité, favorisant sa pleine participation sociale et économique.
Il a souligné que l’enjeu ne se limite pas à l’accès et au maintien dans le système éducatif, mais concerne également l’achèvement du parcours scolaire et l’insertion sociale et économique durable des personnes en situation de handicap.

À travers cet atelier, les différents acteurs entendent transformer les résultats de l’étude en recommandations et actions concrètes, afin de renforcer l’éducation inclusive et d’améliorer l’articulation entre éducation, formation, orientation et insertion socio-professionnelle des personnes en situation de handicap.