Cette convention marque une nouvelle étape dans la modernisation du dispositif de formation technique en Côte d’Ivoire. Elle ambitionne notamment de rapprocher davantage les compétences acquises par les apprenants des exigences du marché de l’emploi et des mutations technologiques.
La cérémonie s’est déroulée en présence de hauts responsables de Cisco, partenaire stratégique de Cybastion, notamment M. Shane Heraty, Vice-Président et General Manager de Cisco pour le Moyen-Orient, l’Afrique, la Türkiye, la Roumanie et la CIS, ainsi que Mme Meryem Medaghri Alaoui, Country Manager de Cisco pour le Maghreb, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.
Africa DigiEmpower, un programme au service des compétences numériques
Au cœur de cette collaboration figure le programme Africa DigiEmpower, porté par THEYA by Cybastion, en partenariat avec Cisco Networking Academy (NetAcad). Il prévoit de faciliter l’accès des jeunes et des formateurs à des formations gratuites dans plusieurs domaines stratégiques, notamment la cybersécurité, l’intelligence artificielle, les réseaux informatiques, la science des données, la programmation, le développement logiciel et la transformation digitale.
Présentant les contours de cette initiative, Mme Fatima KOUROUMA, Program Manager de THEYA by Cybastion, a souligné la vocation du programme : contribuer au développement de compétences numériques qualifiantes et favoriser l’insertion professionnelle des jeunes et des femmes en Afrique.
À travers des parcours de formation en ligne et en présentiel, Africa DigiEmpower entend démocratiser l’accès aux savoirs technologiques et préparer une nouvelle génération de professionnels capables de répondre aux besoins des entreprises.
Des premières actions déjà engagées sur le terrain
La responsable a également présenté les premières avancées enregistrées sur le terrain. Ainsi, 51 formateurs ont bénéficié d’une formation le 4 septembre 2026. Par ailleurs, les 28, 29 et 30 octobre derniers, 33 apprenants du Lycée professionnel d’électronique et d’informatique appliquée (LPEIA) de Treichville ont pris part à des sessions portant sur la sensibilisation au numérique, l’intelligence artificielle et la cybersécurité.
Ces résultats témoignent du caractère déjà opérationnel de cette collaboration.
Au-delà de la signature du protocole, le partenariat prévoit un déploiement progressif du programme dans les établissements techniques et professionnels. Une première phase pilote concernera Abidjan et ses environs, avec la mobilisation de 71 formateurs référents sur les 124 identifiés, soit près de 60 % de l’effectif ciblé.
La formation de ces référents s’étendra sur cinq jours et sera organisée en trois cohortes d’environ 25 participants. Elle reposera sur un socle commun comprenant les compétences numériques fondamentales, une introduction à la cybersécurité et une initiation à l’intelligence artificielle.
Des modules complémentaires seront ensuite définis en fonction des filières de formation, des équipements disponibles et des besoins spécifiques des établissements.
Trois structures ont été proposées pour accueillir ces sessions : le Lycée professionnel d’électronique et d’informatique appliquée (LPEIA), le Lycée technique d’Abidjan (LTA) et le Lycée professionnel multisectoriel Mohammed VI de Yopougon. Leur mobilisation effective ainsi que la répartition des cohortes feront l’objet d’une coordination avec le ministère.
À l’issue de cette étape, les formateurs référents auront la responsabilité d’accompagner le déploiement des parcours de formation au sein de leurs établissements respectifs, avec l’appui de l’équipe de coordination du programme.
L’ambition est également d’étendre progressivement cette initiative aux établissements de l’intérieur du pays. L’implantation d’académies Cisco Networking Academy dans les établissements partenaires devrait, par ailleurs, contribuer à pérenniser cette dynamique de renforcement des capacités.
La formation technique, un levier de compétitivité économique
Prenant la parole, le Dr Thierry WANDJI, CEO de Cybastion, a insisté sur le rôle déterminant de la formation technique et professionnelle dans la construction d’une économie compétitive. Pour lui, les compétences pratiques constituent un véritable levier d’accès à l’emploi et de développement économique.
Évoquant, selon ses propos, la proportion de 78 % d’Américains suivant une formation technique, il a plaidé pour une valorisation accrue des parcours professionnels et technologiques auprès de la jeunesse ivoirienne.
Il a notamment souligné que la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée représente un atout majeur pour permettre à la Côte d’Ivoire de transformer davantage ses matières premières sur place, de développer son tissu industriel et de renforcer sa souveraineté économique.
Un enjeu qui dépasse ainsi le seul cadre de la formation numérique pour toucher aux ambitions de transformation structurelle de l’économie nationale.
Le ministère réaffirme son engagement en faveur de la modernisation de l’enseignement technique
Pour sa part, le ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, Jean-Louis Moulot, s’est réjoui de cet accompagnement, qui vient soutenir les efforts engagés par le Gouvernement en faveur de la modernisation de l’enseignement technique et professionnel.
Le ministre a particulièrement insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des formateurs, maillons essentiels de la qualité de l’enseignement, tout en veillant à ce que les jeunes bénéficient de formations en adéquation avec les attentes des entreprises et les évolutions rapides des technologies.
Cette orientation traduit la volonté de faire de l’enseignement technique un véritable moteur de l’employabilité, de l’innovation et de la compétitivité économique.
À travers cet accord avec Cybastion Education et son partenaire Cisco, le ministère de l’Enseignement technique entend consolider les passerelles entre le système éducatif et le monde professionnel.
L’accès à des formations gratuites, l’accompagnement des formateurs, le déploiement d’académies numériques et l’extension progressive du programme sur l’ensemble du territoire constituent autant de perspectives pour renforcer le capital humain national.