Depuis sa création en 1951, le CNTSCI a profondément évolué, passant de pratiques transfusionnelles encore rudimentaires à un système modernisé, appuyé par des infrastructures renforcées, la digitalisation et une meilleure traçabilité des produits sanguins.

Pour le professeur Yassongui Mamadou SEKONGO, Directeur général du CNTSCI, cet anniversaire constitue avant tout une célébration de la solidarité.


« 75 ans, c’est toute une vie, 75 ans au service du partage de la vie. 75 ans de solidarité »,

a-t-il déclaré, rendant hommage à tous ceux qui ont contribué à bâtir l’institution.

Cette évolution s’accompagne d’une mobilisation accrue en faveur du don volontaire, notamment à travers les « Samedis de la solidarité », qui rapprochent les équipes de transfusion des populations. Le directeur général a toutefois rappelé la nécessité de maintenir une collecte régulière, le sang ayant une durée de conservation limitée :

« Après 42 jours, on ne peut plus l’utiliser. »

Les efforts engagés ont permis au CNTSCI d’enregistrer d’importants résultats, avec plus de 309 767 poches collectées en 2025, soit un taux de couverture des besoins annoncé à plus de 100 %.

Prenant la parole, le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou DIMBA, a salué les progrès accomplis par l’institution en matière de sécurité transfusionnelle, d’innovation technologique et de proximité avec les populations.

« Nous sommes passés d’un système manuel à l’interconnexion numérique intégrée, avec un logiciel qui gère aujourd’hui les activités professionnelles et permet une organisation plus efficace de nos services »,

a-t-il souligné.


Pour Pierre N’Gou Dimba, ces avancées sont également le fruit du travail de plusieurs générations de responsables, de médecins, de techniciens et de l’ensemble des agents ayant contribué à bâtir le système transfusionnel ivoirien. Il a ainsi rendu hommage aux pionniers et aux différents dirigeants qui se sont succédé à la tête de l’institution, avant de saluer l’actuelle direction conduite par le prof. Yassongui Mamadou SEKONGO.


Représentant le Premier ministre, la ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration, Anne Désirée OULOTO, a, pour sa part, réaffirmé l’engagement de l’État en faveur de la sécurité transfusionnelle et appelé à maintenir la mobilisation nationale.

« La vie de nos sœurs, de nos filles, de nos enfants… dépend entièrement de la générosité de chacune et de chacun »,

a-t-elle déclaré.


Présent à la cérémonie, Lucien Alexis Emmanuel MANGA, représentant pays de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en Côte d’Ivoire, a salué les avancées réalisées par le CNTSCI et son partenariat avec les acteurs de la santé. Il estime que :

« Le CNTSCI est une institution qui doit désormais servir de référence en matière de performance sanitaire. »

Au-delà des performances, la cérémonie a surtout rappelé la dimension humaine du don de sang. Le président de l’Association des donneurs de sang de Côte d’Ivoire, Kouassi Bonaventure, marqué par la perte de sa mère faute de sang disponible, a choisi de transformer cette épreuve en engagement citoyen.


« Moi, j’ai perdu ma mère. Et j’ai décidé de donner mon sang »,

a-t-il témoigné, invitant les populations à donner régulièrement, avant d’être confrontées à une situation d’urgence.

Même message du côté de Maïmouna Fondio, vice-présidente de l’Association des drépanocytaires de Côte d’Ivoire. Évoquant son propre parcours, elle a témoigné de l’importance vitale du sang pour les personnes atteintes de drépanocytose :

« Deux poches de sang… représentaient la vie, la guérison. »

Elle a lancé un appel aux citoyens :

« Donnons régulièrement pour sauver des vies. »


Le lancement du 75ᵉ anniversaire, marqué notamment par le dévoilement du Mur d’histoire du CNTSCI, aura ainsi permis de conjuguer mémoire et perspectives. Après 75 années au service de la collecte, de la préparation et de la disponibilité des produits sanguins, le CNTSCI entend poursuivre sa modernisation et renforcer la culture du don volontaire.

Une ambition résumée par une évidence : derrière chaque poche de sang se trouve une vie à préserver.