Professionnels de santé, responsables de formation, représentants des ministères, partenaires techniques et financiers, experts et organisations professionnelles ont pris part à cet atelier consacré à la révision des curricula de formation des sages-femmes spécialistes.
Trois filières de spécialisation au cœur des travaux
Les travaux ont principalement porté sur trois filières : les Soins obstétricaux et néonatals d’urgence (SONU), la Santé sexuelle et reproductive et la planification familiale (SRPF) et la Pédopsychiatrie.
L’objectif était de disposer de contenus de formation davantage adaptés aux besoins du système de santé ivoirien et aux standards internationaux.
Pour Awa Diallo épouse Yao, présidente nationale de l’Association des Sages-femmes de Côte d’Ivoire, cette révision répond à une préoccupation majeure : permettre aux sages-femmes d’acquérir des compétences spécialisées et de les mettre ensuite au service des maternités.
Elle a rappelé que la sage-femme constitue un maillon essentiel dans la lutte contre la mortalité maternelle, néonatale et infantile. Selon elle, la création et le renforcement des filières de spécialisation doivent permettre d’éviter la perte progressive des compétences acquises par les professionnelles formées.
Au cours des travaux, les participants ont procédé à l’examen des différentes maquettes pédagogiques, matière par matière, afin d’identifier les insuffisances et de vérifier leur adéquation avec les nouvelles directives et recommandations internationales.
148 auditrices sont actuellement concernées par cette dynamique de formation, a précisé la présidente de l’Association des Sages-femmes.
L’UNFPA salue une étape importante
Prenant la parole au nom de l’UNFPA, Dr Coulibaly Norbert a salué la qualité des travaux et l’implication des différentes parties prenantes.
Pour lui, cette initiative représente une étape importante dans le renforcement des capacités nationales en matière de formation initiale et spécialisée des sages-femmes. Il a particulièrement insisté sur l’importance des spécialités liées aux soins obstétricaux et néonatals d’urgence, à la santé sexuelle et reproductive, à la planification familiale et à la santé mentale des femmes, des enfants et des adolescents.
Le représentant de l’UNFPA a également rappelé que la formation des ressources humaines constitue un levier essentiel pour répondre aux priorités nationales, notamment la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile.
Il a salué le caractère inclusif et participatif du processus, qui a réuni les pouvoirs publics, les professionnels de santé, les sociétés savantes, les organisations professionnelles, les syndicats, les ONG, les agences des Nations unies et les experts.
L’UNFPA a par ailleurs réaffirmé sa disponibilité à poursuivre son accompagnement jusqu’à l’adoption et la mise en œuvre effective des nouveaux curricula.
La qualité des soins au cœur des priorités
Dr Kouassi Simplice, représentant la Direction générale de la Santé, a, pour sa part, félicité l’ensemble des participants pour le travail accompli. Il a rappelé que la santé de la mère et de l’enfant demeure une priorité du ministère de la Santé.
Selon lui, la formation de sages-femmes spécialisées doit contribuer concrètement à améliorer la qualité des soins et à faire baisser les indicateurs de mortalité maternelle et infantile.
Il a notamment mis en avant l’intérêt des échanges qui ont marqué les travaux et l’engagement des participants en faveur d’une meilleure formation et d’une meilleure prise en charge des populations.
Au terme de son intervention, il a déclaré officiellement clos l’atelier national consacré à la révision des curricula de formation des sages-femmes professionnelles spécialisées et de l’école de base, avec notamment la prise en compte de nouveaux médicaments dans la formation.
L’INFAS appelle à la mise en œuvre des recommandations
Représentant la Directrice générale de l’INFAS, Marcel Kambou a également insisté sur l’importance de l’étape franchie.
Selon lui, les cinq jours de réflexion ont permis de réviser les maquettes pédagogiques des trois filières dans un objectif commun : construire une formation de qualité, adaptée aux réalités et aux besoins du système de santé ivoirien.
Mais pour le représentant de l’INFAS, le véritable défi commence désormais avec la mise en œuvre effective des recommandations.
Il a ainsi annoncé la nécessité de traduire les contenus validés dans les pratiques pédagogiques, les méthodes d’enseignement et l’acquisition des compétences pratiques lors des stages. Un comité technique de suivi devra accompagner ce processus et veiller à l’application rapide des recommandations issues de l’atelier.
L’expérience du Burkina Faso mise à contribution
Le Professeur Somé Der Adolphe, venu de Bobo-Dioulasso au Burkina Faso en qualité de consultant, a également pris part aux travaux.
Il a salué la qualité des participants et leur engagement tout au long des cinq jours. Pour lui, les échanges ont permis d’apporter des observations et des propositions pertinentes afin d’améliorer les documents finaux.
Même si les curricula burkinabè et ivoiriens ne sont pas totalement identiques, le professeur Somé Der Adolphe a relevé la proximité globale de leurs contenus.
Son intervention a notamment consisté à partager l’expérience du Burkina Faso et à proposer des ajustements susceptibles d’enrichir les curricula ivoiriens.
Il a particulièrement apprécié le travail réalisé autour des soins obstétricaux et néonatals d’urgence, de la santé sexuelle et reproductive, de la planification familiale et de la pédopsychiatrie.
De nouveaux éléments intégrés aux curricula
Cette révision intervient également dans un contexte d’évolution des pratiques et des produits de santé. Les participants ont notamment travaillé à l’intégration de nouveaux éléments dans les modules consacrés à la prise en charge des hémorragies du post-partum.
Au total, 45 participants ont contribué aux travaux, avec la participation de plusieurs départements ministériels, de l’INFAS, des programmes de santé, des partenaires techniques et financiers et des organisations professionnelles.
À l’issue de l’atelier, les participants ont convenu de poursuivre le processus à travers un comité technique chargé notamment de finaliser la lecture des modules et du cadre institutionnel, avant les prochaines étapes de validation.