Les CEBNF : une seconde chance d’éducation et d’insertion pour les jeunes
Avant d’aborder le fonctionnement et la mission principale des CEBNF, le Camarade Ministre a rappelé les réformes en cours dans l’enseignement formel. Pour le premier responsable du MEBAPLN, l’objectif est de déconstruire l’idée selon laquelle l’école sert uniquement à chercher un emploi dans la Fonction publique.
Ainsi, dès le primaire, les enfants sont initiés aux métiers. « Un enfant qui a abandonné l’école au CM2, en 3e ou en 1re, s’il repart au village pour cultiver, devrait être plus productif que celui qui n’a pas fait l’école. Aujourd’hui, c’est le contraire. Nous devons inverser la tendance », a-t-il martelé, en prenant l’exemple de la Chine, où l’esprit d’entrepreneuriat se cultive dès le bas âge.
Venant à la préoccupation des députés sur l’insertion professionnelle, le Camarade Ministre, Jacques Sosthène DINGARA, a présenté les 140 CEBNF que compte actuellement le Burkina Faso. Leur vocation est de donner une seconde chance aux jeunes de 9 à 15 ans qui ont abandonné l’école ou qui n’ont jamais eu la chance de la fréquenter.
« Avant, c’était l’alphabétisation seulement. Aujourd’hui, nous avons un triptyque : l’alphabétisation, la formation professionnelle et l’insertion socio-économique », a expliqué le Ministre.
Chaque année, environ 4 200 apprenants sortent de ces centres dans les filières suivantes : couture, électricité, plomberie, soudure, menuiserie bois, coiffure et mécanique deux roues. Certains se présentent au CQP. À cet effet, sur 148 candidats en 2026, 90 ont été reçus, leur permettant de réintégrer le système formel.
Pour absorber davantage de jeunes, le MEBAPLN développe également les CFPNF, qui constituent un prolongement des CEBNF. À ce titre, on peut citer le centre de Koutoura à Niangoloko, dédié à l’agriculture, Hoogo Sambwel à Dori, consacré à l’élevage, et bientôt Kaya, pour la maroquinerie.
Ces centres ont pour particularité d’accueillir des jeunes parlant dioula ou mooré, ainsi que ceux titulaires du CEP. La formation dure deux ans et vise directement l’installation. « Quand il sort, c’est pour aller faire la mécanique, cultiver, s’installer. Il n’attend pas d’équivalence », a souligné le Ministre.
Des défis encore nombreux
Malgré les résultats enregistrés, les défis restent importants. Le coût de construction d’un CEBNF est d’environ 120 millions de FCFA. Les enseignants sont majoritairement des vacataires. Par ailleurs, l’âge d’accès au CQP, fixé à 16 ans, crée des déperditions pour des jeunes qui terminent leur formation à 14 ou 15 ans. La localisation de certains centres, parfois éloignée des bénéficiaires, constitue également une difficulté.
Pour y remédier, le pilier 9 du département porte le slogan : « Un enfant hors école, une seconde chance d’éducation ». La vision est claire : construire un CEBNF dans chaque CEB.
Le Ministère prévoit également de créer un corps d’enseignants spécifique, de renforcer les capacités des acteurs et d’améliorer l’accompagnement à l’installation des jeunes formés.
Le Ministre a, par ailleurs, lancé un appel à la Représentation du Peuple, aux collectivités territoriales, au secteur privé et aux organisations professionnelles, afin qu’ils s’impliquent davantage dans l’absorption de ces jeunes formés.
« En développant le formel à travers les universités, il ne faut pas oublier l’autre frange du non-formel. Sinon, ça restera un vivier qui sera récupéré ailleurs », a-t-il conclu.
Notons que les Camarades Ministres de l’Enseignement secondaire et supérieur se sont également prêtés au même exercice.