À Betokomia, dans le nord-ouest de la République centrafricaine, les cantines scolaires occupent une place importante dans le quotidien des élèves. Au menu, du riz, des haricots et des légumes préparés sur place. « Nous mangeons du riz, des haricots et des légumes préparés par nos mamans », témoigne Dokare Delicia, une écolière. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), plus de 250 000 enfants bénéficient de ce dispositif à travers le pays. L’objectif est d’améliorer leur alimentation, tout en encourageant leur présence régulière en classe et en limitant les abandons scolaires.
Les effets de cette initiative se font également ressentir dans les établissements. À Gbako-Malekpa, le directeur, Ghislain Modeste Ngame, relève une progression significative des effectifs. « Auparavant, nous n’avions seulement que 475 élèves. Nous avons actuellement 857 élèves », explique-t-il. Cette évolution témoigne de l’intérêt des cantines scolaires pour les familles et de leur contribution au maintien des enfants dans le système éducatif.
Au-delà de l’école, le programme participe aussi au dynamisme de l’économie rurale. Une partie des denrées destinées aux repas est achetée directement auprès des producteurs locaux, leur offrant ainsi des débouchés et des revenus. Pour Mark Gordon, directeur du PAM en République centrafricaine, cette démarche revient à investir dans l’avenir des enfants et celui du pays. En reliant l’alimentation scolaire à la production agricole, le programme entend renforcer les liens entre éducation, sécurité alimentaire et développement économique.
Toutefois, les besoins restent considérables. Près de deux millions de personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire en République centrafricaine, selon le PAM. Lors d’une visite dans le pays, Carl Skau, directeur exécutif par intérim de l’organisation, a appelé à un renforcement du soutien de la communauté internationale en faveur des populations vulnérables. Dans ce contexte, la pérennisation des cantines scolaires et l’élargissement de leur accès constituent des enjeux majeurs. La mobilisation de ressources suffisantes et la poursuite des achats auprès des agriculteurs locaux seront déterminantes pour consolider les acquis de ce programme, qui fait des repas scolaires un outil à la fois éducatif, social et économique.