L’événement s’est déroulé en présence du Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le camarade Pr Adjima THIOMBIANO.
Prenant la parole à l’occasion des échanges avec la presse, le coparrain de la cérémonie et Président de l’Université Joseph Ki-Zerbo, le Pr Antoine BÉRÉ, a apporté un éclairage technique et académique majeur sur le sens profond de la sécurisation des titres universitaires.
« Sécuriser un diplôme, ce n’est pas seulement sécuriser le document ou le papier qui lui sert de support. C’est aussi et surtout établir un lien étroit et fiable entre le diplôme, son titulaire et l’autorité qui l’a délivré », a souligné le Pr Antoine BÉRÉ.
Selon lui, l’intégration des éléments biographiques et biométriques, notamment les empreintes digitales et l’Identifiant National Étudiant (INE), dès la phase de création du diplôme, permet de prévenir toute tentative de falsification ou d’usurpation. Cette démarche renforce la traçabilité des parchemins et confère aux titres burkinabè une crédibilité accrue sur le plan international.
L’interconnexion entre la base de données de l’Office national d’identification (ONI) et le système universitaire permettra une vérification instantanée, garantissant un gain de temps ainsi qu’une réduction des coûts administratifs. L’adossement de l’Identifiant National Étudiant à l’identité civique de base facilitera également le suivi du parcours de chaque étudiant.
Cette vision développée par le premier responsable de l’Université Joseph Ki-Zerbo rejoint l’orientation politique affirmée par le Ministre de la Sécurité, Mahamadou SANA, dans son discours d’ouverture.
Rappelant les audits et les opérations d’assainissement récents des fichiers d’agents publics, qui ont mis en évidence l’urgence de protéger la valeur des compétences, le ministre a insisté sur la nécessité de créer une base de données centralisée et nationale des diplômes.
« Un diplôme académique ou professionnel matérialise un parcours, consacre un mérite et atteste d’une compétence. Lorsque son authenticité est compromise par la fraude, c’est l’égalité des chances qui est fragilisée. Relier l’identité de base sécurisée du citoyen aux diplômes accordés par nos universités est un choix d’orientation politique déterminant pour bâtir un cadre stratégique de confiance. »
Pour la municipalité de Ouagadougou, représentée par le Directeur général de la Police municipale au nom du Président de la délégation spéciale, le choix d’abriter cette réflexion au sein du temple du savoir témoigne de la volonté de faire de l’identité le socle de la justice sociale, du mérite et de la citoyenneté.
En marge des réflexions sur la sécurisation des parchemins académiques, le Directeur général de l’Office national d’identification (ONI), le camarade Parfait LOURÉ, a rappelé que l’identité légale constitue un prérequis indispensable à l’exercice de tous les droits, y compris l’accès aux études et la certification des compétences.
L’ONI a profité de cette journée pour annoncer l’organisation d’opérations spéciales d’enrôlement sur l’ensemble du territoire national, afin d’accélérer la délivrance des cartes d’identité biométriques, désormais accessibles dès l’âge de 5 ans sur la nouvelle plateforme déployée.
À ce jour, la base de données de l’ONI compte plus de 15 millions de citoyens identifiés, pour plus de 20 millions de cartes délivrées.
Les travaux de cette 7ᵉ édition se poursuivent avec des communications techniques réunissant universitaires, experts en souveraineté numérique et forces de sécurité, afin de définir la feuille de route d’une interopérabilité durable des bases de données au Burkina Faso.