Les ministres ont principalement abordé la situation actuelle des régimes d’études, les enjeux liés à l’harmonisation et à l’endogénéisation des systèmes d’enseignement supérieur et de recherche, ainsi que les perspectives en matière de recherche dans chacun des quatre pays.

Pour le Burkina Faso, le camarade Pr Adjima Thiombiano a souligné que des actions avaient été menées afin de contextualiser le régime des études à partir du système LMD (Licence-Master-Doctorat), dans le but de corriger ses insuffisances et d’assurer une meilleure visibilité du parcours de chaque étudiant.

« Je ne dis pas que c’est le LMD qui nous a amenés dans cette situation fâcheuse de retards académiques et de chevauchements des années, mais son application avait aussi sa part de responsabilité », a déclaré le Pr Adjima Thiombiano.

Cette relecture du système LMD visait également à mieux encadrer le parcours des apprenants et à faciliter la mobilité entre les structures de formation de l’enseignement supérieur, a poursuivi le ministre. Elle a aussi permis de régler la question des diplômes liés à la formation des ingénieurs des travaux et des ingénieurs de conception.

Abordant la question de l’endogénéisation, le ministre Thiombiano a souligné que celle-ci avait été prise en compte dans le système d’enseignement supérieur du Burkina Faso.

« Nous avons relu les curricula en prenant en compte tous les acteurs du système éducatif et, bien sûr, en faisant un clin d’œil au Burkinabè lambda, aux entreprises, et en permettant de sortir des compétences directement opérationnelles », a-t-il relevé.

Pour réussir cette endogénéisation, le Pr Adjima Thiombiano a indiqué que l’enseignement supérieur et la recherche avaient un rôle important à jouer. Selon lui, il est nécessaire de trouver des moyens permettant une meilleure intégration entre les structures d’enseignement supérieur et de recherche.

« Est-ce qu’il est normal que, dans notre dispositif d’apprentissage, on ne fasse pas un clin d’œil très important à nos savoirs endogènes ? », s’est-il interrogé, en prenant l’exemple de la pharmacopée, à laquelle une partie importante des populations a recours pour ses soins quotidiens.

Prenant la parole à son tour, le Pr Saidou Mamadou, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation technologique du Niger, a appelé à une meilleure harmonisation des régimes d’études dans l’espace AES.

« C’est faisable parce qu’il y a suffisamment d’éléments sur lesquels on peut s’appuyer pour voir ce qu’on peut capitaliser », a indiqué le Pr Saidou Mamadou.

Pour lui, il s’agit de promouvoir les savoirs endogènes dans les dispositifs d’enseignement supérieur et de recherche, en tenant compte des priorités nationales.

En perspective, il a appelé les États de l’AES à mobiliser les ressources humaines capables de répondre aux besoins de développement économique, social et culturel des trois pays.

Quant au Pr Bouréma Kansaye, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique du Mali, il a souligné, dans sa communication, que « l’harmonisation suppose également une connaissance des différents systèmes ».

Selon lui, la dynamique actuellement engagée au sein de l’AES contribuera à accélérer le processus d’harmonisation des régimes d’études au Mali, dont la mise en œuvre s’inscrit dans la vision Mali 2063.

Cette vision accorde une place importante à la culture et à l’éducation. Le Pr Kansaye a notamment rappelé que l’année 2025 avait été consacrée à la culture, tandis que les années 2026 et 2027 étaient respectivement dédiées à l’éducation et à la culture.

« Il s’agit ici de faire un lien entre la culture et l’éducation, dans le sens de l’endogénéisation des savoirs dans le domaine de la formation comme dans le domaine de la recherche », a-t-il expliqué.

Il a également insisté sur la nécessité d’intégrer les sciences sociales dans cette dynamique afin de favoriser l’originalité des travaux de recherche et de mieux prendre en compte les réalités et l’identité des peuples concernés.

« On ne peut pas prétendre se développer, se projeter vers l’avenir si nous connaissons mal notre propre histoire », a-t-il conclu.

Pour sa part, le camarade Pr Adjima Thiombiano, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation du Burkina Faso, s’est réjoui de la tenue de cette conférence sur le sol burkinabè.

Il a exprimé sa gratitude à ses homologues de l’AES et du Togo pour leur participation effective, qu’il a présentée comme un honneur pour le Burkina Faso et, plus largement, pour l’ensemble du système d’enseignement supérieur et de recherche.