La qualité scientifique au cœur des priorités
La conférence inaugurale, intitulée « De la paillasse au lit du patient : recherche, innovation et biotechnologie au service de la santé », a été animée par le professeur Gordon Awandare, vice-recteur chargé des Affaires académiques et estudiantines de l’Université du Ghana et directeur-fondateur du WACCBIP. Les échanges ont été modérés par le professeur Serge Eholié, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales (SMIT).
Dans son intervention, le professeur Awandare a insisté sur la nécessité de renforcer les infrastructures et la gouvernance des institutions africaines afin d’améliorer la qualité de la production scientifique.
« Il ne faut pas miser sur la quantité, mais avant tout sur la qualité », a-t-il souligné. Il a, par ailleurs, encouragé les jeunes chercheurs à publier leurs travaux dans des revues scientifiques internationales de référence et à fort impact.
Le conférencier a également abordé les défis liés à la formation aux cycles Master et Doctorat, ainsi que la problématique de la fuite des cerveaux. À ce sujet, il a partagé l’expérience de son institution, qui parvient à maintenir sur le continent 80 % de ses diplômés de Master et 90 % de ses docteurs.
Une plateforme technologique commune pour la surveillance sanitaire
Prenant la parole, le professeur André Offianan Touré, directeur scientifique de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, a plaidé pour une mutualisation des ressources technologiques afin de mieux faire face aux menaces sanitaires.
« Pour renforcer efficacement notre système de surveillance sanitaire, il est essentiel de mettre en place une plateforme technologique commune dédiée à la surveillance génomique de routine. Elle nous permettra de mieux suivre l’évolution du paludisme, du VIH et d’autres pathologies prioritaires », a-t-il déclaré.
Au-delà de ces enjeux, le colloque ambitionne de contribuer à la modernisation de la gouvernance scientifique, à l’adaptation de la recherche aux défis émergents, notamment ceux liés à l’intelligence artificielle, et au renforcement de la formation des jeunes chercheurs.
La recherche au service du développement national
Présente aux échanges, le professeur Solange Kakou, chef du département Technique et Technologie (DTT), a salué la richesse des contributions. Elle a appelé les acteurs du monde scientifique à renforcer leur engagement en faveur du développement de la Côte d’Ivoire.
« Il faut une nouvelle gouvernance, améliorer la pratique scientifique et travailler pour la Côte d’Ivoire », a-t-elle affirmé, rappelant que les travaux des chercheurs doivent contribuer concrètement au bien-être des populations.
À l’issue des échanges, un constat s’impose : le développement d’une recherche scientifique de qualité, soutenue par des infrastructures modernes et des ressources humaines qualifiées, constitue un levier essentiel pour apporter des réponses durables aux défis sanitaires du pays.