Initiée par le Laboratoire d’études et de prévention de la délinquance et des violences (LEPDV), en collaboration avec l’UFHB, l’IPC-Facultés Libres de Philosophie et de Psychologie de Paris et l’ONG Action Nord-Sud, cette rencontre réunit des chercheurs et des acteurs institutionnels autour des facteurs qui alimentent l’idéal migratoire.
Directeur du LEPDV, le professeur Ismaïla Bakayoko a souligné que la volonté de partir repose notamment sur la quête d’un avenir meilleur, le désir d’enrichissement, les aspirations personnelles, les croyances et certaines vulnérabilités individuelles. « D’emblée, ce qui pousse à partir est d’abord un désir d’avenir, un mieux-futur associé, un désir de s’enrichir. Ce n’est pas la violence vécue qui commande la décision, même si elle laisse des traces profondes », a-t-il expliqué.
Représentant le président de l’UFHB, le professeur Ballo Zié, à l’ouverture des travaux, le directeur de l’UFR Criminologie, Dr (MC) Ballo Yacouba, a rappelé que la question migratoire engage la responsabilité de l’ensemble de la société. « L’immigration n’est pas seulement l’affaire de ceux qui partent. Elle interroge de manière profonde la structure même d’une nation, la manière dont une société organise ses chances, ses droits et ses frontières », a-t-il déclaré.
Le responsable universitaire a ainsi plaidé pour une recherche capable de déboucher sur des actions concrètes, en associant les connaissances scientifiques, les expériences de terrain et les exigences de l’action publique.
Les communications scientifiques ont permis d’approfondir les mécanismes intellectuels et socioculturels qui influencent les décisions migratoires. Dr (MC) Emmanuel Brochier, doyen de l’IPC-Facultés Libres de Philosophie et de Psychologie de Paris et directeur de l’ER-IPC, a abordé la question de la rationalité des croyances à travers une réflexion intitulée : « L’évaluation d’une croyance hétérodoxe est-elle une croyance raisonnable ? ». Son intervention a notamment porté sur le rôle du doute philosophique, des cadres culturels et des collectifs de pensée dans la construction des convictions.
De son côté, le criminologue et psychologue clinicien à l’Université catholique de Louvain, Dr (MC) Jean Motte dit Falisse, a présenté une communication sur la « Criminologie interculturelle : enjeux et perspectives dans la recherche scientifique ». Il a insisté sur l’importance de croiser les approches psychologiques, historiques, sociologiques et juridiques pour mieux comprendre les comportements humains.
Cette approche pluridisciplinaire vise également à prévenir les interprétations réductrices liées aux différences culturelles. Les chercheurs entendent ainsi analyser les comportements dans leur contexte, sans céder aux généralisations ni aux préjugés.
Représentant la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Kaba Nialé, marraine de l’atelier, le directeur général des Ivoiriens de l’extérieur, Dr Karamoko Gaoussou, a mis en avant la complémentarité entre la recherche universitaire et l’action institutionnelle. « La recherche vient éclairer la décision politique, et le politique alimente par son action la réflexion au niveau universitaire », a-t-il soutenu.
Les travaux portent également sur les croyances, les vulnérabilités psychologiques, les violences sociales et la méconnaissance du droit. À travers ces échanges, les participants ambitionnent de formuler des recommandations opérationnelles en matière de prévention de l’émigration irrégulière et d’accompagnement des personnes concernées.
La restitution des travaux est prévue ce mardi 20 octobre 2026, au terme de la deuxième journée. Elle sera notamment marquée par une conférence d’ANOU Guy Serge, éducateur spécialisé en criminologie et président de l’association Action Nord-Sud, sur le thème : « De l’idéal migratoire à la réalité de l’accueil : parcours, vulnérabilités et accompagnement des mineurs non accompagnés en France ».