Cette rencontre, organisée avec la participation du Centre de Recherche Architecturale et Urbaine (CRAU), constitue un cadre de réflexion scientifique, technique et institutionnelle consacré à la sauvegarde d’un patrimoine architectural particulièrement exposé aux mutations environnementales.

Experts et chercheurs mobilisés autour d’un patrimoine menacé

Réunis à l’amphithéâtre A du District de l’UFHB, experts, chercheurs, architectes, professionnels du patrimoine et acteurs du secteur culturel mettent en commun leurs connaissances et leurs expériences autour d’une problématique devenue incontournable : comment préserver et valoriser les architectures en terre face à l’intensification des effets du changement climatique ?

Les travaux visent à promouvoir une approche globale associant savoirs traditionnels, innovations techniques, recherche scientifique et stratégies d’adaptation.

Les échanges portent notamment sur les techniques traditionnelles et contemporaines de construction en terre, la conservation du patrimoine architectural ainsi que les mesures susceptibles de renforcer la résilience de ces constructions face aux phénomènes climatiques.

L’architecture de terre, une « sagesse écologique »

À l’ouverture des travaux, le président de l’Université Félix Houphouët-Boigny, Professeur BALLO Zié, a présenté cette deuxième édition comme un espace privilégié de formation, de dialogue et de coopération régionale autour d’un patrimoine dont la sauvegarde constitue un enjeu majeur pour les générations actuelles et futures.

Pour le premier responsable de l’UFHB, l’architecture de terre ne saurait être réduite à un héritage architectural figé. Elle constitue, au contraire, « une sagesse écologique et une intelligence collective » transmises au fil des générations.

À ses yeux, ce patrimoine représente également une ressource pour l’avenir, à condition que les sociétés sachent préserver les savoir-faire qui lui sont associés et en renouveler les usages.

Le CRAU plaide pour une meilleure résilience du patrimoine

Cette vision rejoint les préoccupations scientifiques et opérationnelles portées par le CRAU. Son directeur, Dr (MC) TRAORE Porna Idriss, titulaire de la Chaire UNESCO sur les patrimoines architecturaux et urbains, a rappelé les liens étroits entre le CRAU et cette instance internationale dédiée à la connaissance et à la sauvegarde du patrimoine.

Il a surtout insisté sur l’actualité de la problématique au cœur du séminaire, à savoir la nécessité de préserver et de valoriser le patrimoine en terre dans un contexte marqué par les effets croissants du changement climatique.

Des menaces croissantes sur le patrimoine en terre

Représentant la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise REMARCK, Dr MOUSSO née ASSALE Véronique a exprimé sa satisfaction de prendre part à cette rencontre consacrée au patrimoine en terre et à la résilience climatique.

Elle a rappelé que le patrimoine en terre figure parmi les expressions les plus remarquables de la créativité, de l’ingéniosité et de la capacité d’adaptation des sociétés africaines à leur environnement.

Mais cet héritage est aujourd’hui confronté à de nouvelles menaces. La dégradation liée aux phénomènes climatiques, conjuguée à la fragilité intrinsèque de certaines constructions en terre et à la disparition progressive de certains savoir-faire, impose de repenser les mécanismes de conservation, de transmission et de valorisation.

De la réflexion scientifique à la restauration de la mosquée de Bouna

La rencontre ne se limite toutefois pas aux échanges académiques et aux communications scientifiques. Elle connaîtra une prolongation pratique, du 12 au 31 octobre 2026, à travers des cours techniques et des travaux de restauration consacrés à la mosquée de style soudanais Limamiso de Bouna.

Cette phase pratique permettra ainsi de mettre en application les connaissances et techniques partagées durant le séminaire, tout en contribuant à la préservation concrète d’un patrimoine architectural emblématique.

À travers cette initiative, la Côte d’Ivoire entend ainsi renforcer la coopération régionale et scientifique autour des architectures de terre, tout en développant des solutions adaptées aux défis posés par le changement climatique.